Biographie

 

Raphael DURANS

Achromatic game
 

Planéité et châssis complexe, voilà les outils du peintre. Les jeux chromatiques, qu’ils soient dans la neutralité d’un ensemble exclusif de gris ou qu’ils utilisent des pans de couleur pure ne semblent être là qu’au service de la planéité ou de son illusion, portés par la matérialité d’une toile tenue en tension sur des cadres aux formes contraintes.
Je veux dire par là que les déterminations harmoniques de forme ou de couleur, si indispensables en peinture, complètent, et seulement cela, les déterminations compositionnelles ou conceptuelles. Travail achromatique donc, jeu libéré de la couleur, Achromatic game.

Achromatopsie, pensait-on, alors que ses toiles anciennes ignoraient totalement la couleur et n’étaient que pliages d’espace aux tons neutres, blancs ou gris. Non, pas de maladie qui obligerait à voir le monde en noir et blanc. Ses toiles osent aujourd’hui la couleur dans un jeu plus dangereux, poussé dans ses limites, puisque le peintre n’a cessé de nous montrer que l’enjeu de son travail se situait en dehors de la couleur.Alors on est en droit de penser que la couleur, clairement intrusive dans presque toutes ses toiles, n’est là que pour souligner davantage encore que son champ d’exploration picturale est ailleurs.

Il s’agissait pour lui, à l’origine, de poursuivre un travail sur l’abstraction géométrique, affirmer que tout encore n’avait pas été exploré, que du neuf pourrait émerger de l’impasse théorique dans laquelle cette abstraction semblait enfermée.
L’impasse de la composition intuitive, pourrait-on dire. Peindre des formes, les assembler, décider par le seul affect que cette composition tient ou s’effondre, avoir l’intuition que le jeu d’assemblage des formes et des couleurs est juste et pertinent, qu’il créé du langage, de la résonance entre l’oeuvre et celui qui la regarde.Comment dépasser cela ? Comment aller au delà des lois de l’harmonie, de l’équilibre, de la « picturalité » ?

Sans sortir de la peinture, les tentatives de Raphaël Durans sont celles d’un passage décisif de cette composition intuitive à une composition algorithmique, celles d’un renouvellement formel de l’abstraction par l’utilisation de procédures systématiques, par la mise en oeuvre et la répétition de calculs géométriques complexes qui sont susceptibles de produire des effets attendus, conceptualisés et prévus à l’avance (maquettes). Effets de volume, de pliage, de compression, d’occupation de l’espace, de mouvement, de contrainte entre les formes, de tension agissante entre elles. Des effets obtenus avec le très ancien dispositif de la toile tendue sur châssis, ce si peu en quelque sorte, avec une planéité ordinaire, un minimalisme chromatique, une économie de moyens qui en fait tout l’attrait.

Sans sortir de la peinture, oui, car ces calculs font fi des avancées technologiques et de la puissance des ordinateurs, des théories de reproduction de géométries fractales, ils ne sont pas un moyen de contrôle sur la part agissante et la liberté du peintre, ils ne servent pas à réaliser des formes selon des règles invariables et préétablies, ils sont une méthode d’invention.

Une méthode qui permet l’inventivité, laisse le champ libre aux déclinaisons, aux suites.

Les toiles de Raphaël Durans avancent sans mots et sans calculs visibles, dans le souvenir des lignes de fuite qui ont précédé leur réalisation, nommées d’un simple numéro d’ordre, seul indice du temps dans lequel elles furent peintes. Dans le souvenir du geste de la brosse sur la toile qui fait tout d’ailleurs pour se faire oublier dans la planéité mate, du geste de tension et d’assemblage des bois des châssis traditionnels. Il faudrait pouvoir en voir simultanément l’envers pour qu’apparaisse la complexité totale, mais l’essentiel n’est-il pas de savoir qu’elle est là cette complexité, invisible et présente ?

Un châssis à l’ancienne, un châssis-volume si important par rapport à ce que produirait une simple plaque de contreplaqué découpé ou de métal car le renouvellement de l’abstraction auquel Raphaël Durans aspire vient de cette idée que le tableau, même plat, est transformé en chose, que le châssis doit être intégré à la forme picturale et indiscernable d’elle, qu’il se présente avec la forme tridimensionnelle d’un objet qui se détache ensuite sur le fond de son environnement. Cela apparaît de façon très nette dans certaines de ses toiles blanches dont l’environnement gris sur lequel elles sont présentées devient lui aussi partie intégrante de l’oeuvre. Il y a là comme l’atteinte d’un idéal indépassable inhérent à l’abstraction, celui de la construction d’un « tableauobjet » réintégrant l’oeuvre abstraite dans la réalité de son environnement.

Il faut donc regarder cet ensemble de toiles comme la tentative, assez réussie il faut en convenir, d’un renouvellement de l’abstraction géométrique qui serait ainsi sortie de l’impasse en réinvestissant le réel. Les toiles de Raphaël Durans sont des figures-volumes en creux qui appellent le fond réel de leur environnement et s’y intègrent. Des toiles-objets qui ne montrent ni ce qui fait leur réalité matérielle (le châssis) ni la puissance harmonique de la couleur (atonalité des gris) mais une nouvelle picturalité venue de leur présence même dans l’espace et de la vibration qu’elle y fait naître, une sorte de musique pure, atonale, silencieuse.

PREMIERE EXPOSITION PERSONELLE

 
1989
5 JUIN ESPACE D’EXPOSITION DU SEPTEM LYON/VILLEURBANNE

LES DIX DERNIERES ANNEES

 
2004
24 JUIN "Architectures d'âme" GALERIE DE LA CROIX ROUSSE LYON(DURANS/MASBANAJI)
2008
13 NOVEMBRE LES ATELIERS VIENNE FRANCE (RAPHAEL DURANS/DANIELE TISSEYRE)

EXPOSITIONS RECENTES

 
2017
FEVRIER CASABLANCA VILLA DELAPORTE
2016
ABSTRACT PROJECT PARIS
2010
14 AVRIL CASABLANCA FOUNDOUK BASCHKO
2010
06 OCTOBRE CASABLANCA GALERIE DELAPORTE
2012
MAI MARRAKECH GALERIE RE
2013
JUIN CASABLANCA GALERIE FATMA JELLAL

EXPOSITIONS COLLECTIVES

 
2011
12 AVRIL LE PRINTEMPS DU DESSIN GALERIE DELAPORTE CASABLANCA
2012
MARRAKECH GALERIE MATISSE
2013
16 MAI MARRAKECH GALERIE RE